Manger, un défi de tous les jours À quai, le galérien a droit à une ration quotidienne composée de pain et de fèves. Il reçoit 900 g environ de pain blanc (du froment), généralement de bonne qualité (l’administration y veille) et bien meilleur que le pain vendu dans les villes portuaires. Mais le forçat ne mange jamais, ou très rarement, la totalité de sa ration de pain. Une partie est détournée par le comite. Celui-ci possède sur la galère une taverne dans laquelle il fait vendre du vin par un homme de confiance, le tavernier. Pour ne pas subir les violences du comite, les galériens doivent lui acheter du vin. Les plus pauvres d’entre eux échangent une partie de leur pain contre l’horrible piquette. En plus du gros profit réalisé par la vente d’alcool, le comite gagne de l’argent en revendant ce pain sur les quais, un détournement toléré par l’administration. Quant aux fèves, assaisonnées d’huile d’olive et de sel, elles sont consommées sous forme d’une « soupe exécrable ». Lorsqu’ils sont à terre, seuls les galériens les plus démunis la mangent. Les autres, avec les revenus de leur travail ou l’argent qu’ils reçoivent de l’extérieur, peuvent acheter sur les quais une nourriture plus conséquente. En mer, le forçat reçoit quotidiennement du biscuit (790 g), de la soupe de fèves (120 g). Le « biscuit de mer » a la particularité de bien se conserver. Cette ration est complétée trois fois par semaine, les « jours gras », par 90 g de lard ou de bœuf salé et autant de riz. Quatre jours par semaine, le rameur a droit au « pot de vin du roi ». Le galérien désargenté se contente de ces rations. Celui qui possède quelque argent achète à l’équipage libre ou à la taverne du comite des suppléments. Aux escales, il se procure des produits frais auprès des marchands du port de mouillage. Une soupe de fèves Le fougon est l’endroit où l’on fait la cuisine 48 49 Une vie de « galère » ! Le château des arènes Au XIIe siècle, Nîmes renaît de ses cendres. À présent, la ville déborde largement des anciennes arènes. Une cathédrale romane est édifiée et une nouvelle muraille protège la cité. L’amphithéâtre est toujours là. Ses arcades sont murées, deux tours carrées sont construites au sommet du monument et un fossé est creusé tout autour. À l’intérieur, les gradins sont recouverts par de nombreuses maisons et deux petites églises. À cette époque, la cité fait partie des terres du puissant comte de Toulouse. Sur place, le pouvoir comtal est représenté par le vicomte de Nîmes qui s’est installé dans le « château des arènes ». Au XIIIe siècle, le château abrite les « chevaliers des arènes ». Ces petits seigneurs des environs sont une centaine. Ils élisent quatre consuls qui contrôlent la ville de Nîmes. En 1271, Nîmes est rattachée au domaine du roi de France. Le château des arènes constitue alors une ville dans la ville et le pouvoir des chevaliers est contesté par les bourgeois de la cité. En 1391, le roi Charles VI visite la cité et ordonne la construction d’un château royal sur l’ancienne porte d’Auguste du rempart romain. Les chevaliers quittent alors les arènes. Celles-ci deviennent un quartier insalubre de la ville, régulièrement frappé par les épidémies de peste. Cherchez les vestiges du Moyen Âge. Juste en face du palais de justice, trois arcades sont encore bouchées. Elles ont été laissées en place pour se souvenir de l’aspect des arènes au Moyen Âge. 56 57 Du village fortifié au retour des spectacles Et encore des animaux incroyables ! Orvet fragile Papillon Apollon et sa chenille Genette commune Criquet de l’Aigoual Va Vautour per Gypaète barbu Vautour fauve Chamois Lézard oc Grillon des bois Cerf élaphe et sa biche 58 59 Une destination nat L d L X 1 G Ch La en 58
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