cordonnier, ou celle de Camus. Mais ses parents ont rudement payé le droit de passage récent du monde paysan à celui de l’entreprise. Ils « avaient été aspirés par la bourgeoisie et pourtant dédaignés par elle à cause de leurs échecs sur le plan matériel »2. Les embarras financiers de son père colorent donc toute son enfance mais le jeune Chamson partage ses rêveries et ses illusions qui le font grandir dans le monde de l’imaginaire. Ses parents lui donneront accès à la culture : ils pratiquent la poésie, sont abonnés à des journaux parisiens et à la collection des « Maîtres illustres du passé » où Chamson, enfant, découvre les tableaux qu’il sera plus tard en charge de conserver. Son père peint avec des amis dans les prés de Malivert et le garçon d’une douzaine d’années s’initie très tôt au monde des formes et des couleurs. Sa vie « est faite de soucis d’argent et d’espérances, d’humiliations et de griseries poétiques et colorées3 ». Il trouve la stabilité au Vigan, chez sa grand-mère maternelle, Sarah Aldebert (1845-1924), veuve depuis 1884. Il séjourne chez elle pendant toutes les vacances et l’année scolaire 1910-1911 à la suite de graves difficultés financières. Le décor change. « Enfant humilié » à Alès, il devient au Vigan « un petit seigneur de la montagne ». Le jeune Chamson, au milieu, avec son père, sa mère (dans l’encadrement de la porte), des tantes et des cousines. 20
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