André Chamson, Résister !

« Je suis de ce pays autant qu’on peut l’être. Les miens l’ont habité depuis toujours. » André Chamson, Discours au Désert, 1935 La figure de Sarah Aldebert illumine son enfance. Seule survivante du « front des quatre » grands-parents, cette grand-mère apporte la sécurité et donne au petit André l’ancrage nécessaire. Il s’est, en quelque sorte, greffé sur le « rameau » maternel. Sa vraie maison n’est pas celle de la rue Mandajors à Alès mais celle du 11 rue de l’Horloge au Vigan. C’est le royaume de son enfance, la demeure où il s’est fait « une idée de ce que peut être un séjour que traverse le bonheur4 ». La grand-mère tient le monde extérieur à distance, mesure les êtres à d’autres aunes que leur richesse et, face à la ville du charbon et des banques, l’inscrit dans un monde paysan enraciné dans des traditions immémoriales et dans le réseau familial. Elle est aidée par Hippolyte Finiels (1849-1935) qui cultive à mi-fruit ses terres et sait calmer cet enfant nerveux et excessif ; le paysan lui raconte des histoires exaltantes, dans le parler cévenol que le garçon emploie couramment à dix ans et qui ouvrira ultérieurement la voie vers le provençal. Il évoque la guerre – l’année terrible 1870-1871 – mais aussi les travaux de la paix : surtout la construction d’une voie, grande entreprise humaine et collective que Chamson reprendra dans Les Hommes de la route. C’est aussi Finiels qui lui donne accès à la magnificence de l’Aigoual : « Il a été le Jacob, l’Abraham et le Moïse de mon enfance, le porteur des Tables de la Loi, celui qui savait À gauche de l’église, la rue de l’Horloge où se trouve la maison de Sarah Aldebert. 21

RkJQdWJsaXNoZXIy MzIzNjg2Mw==