Maison Rouge est particulièrement remarquable dans l’ensemble des filatures cévenoles. Elle est d’abord représentative de la typologie dominante des filatures de grande capacité de la région d’Alès, à savoir de longs bâtiments très éclairés par des baies en plein cintre. Elle est ensuite exceptionnelle par les soins architecturaux et ornementaux qui y ont été apportés. Enfin, son histoire illustre l’intégralité de l’épopée de la filature industrielle de la soie en France. C’est le premier site à avoir adopté, avant 1809, le procédé technique qui a permis l’industrialisation du tirage de la soie. Ayant cessé son activité en 1965, c’est aussi la dernière filature de soie française. Pour toutes ces raisons architecturales et historiques, elle a été inscrite en 2003, dans sa totalité, terrains et bâtiments, à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Maison Rouge est implantée au cœur d’un des centres les plus actifs du tirage de la soie en Cévennes. En 1856, à l’apogée de la production française de soie, Saint-Jean-du-Gard, rassemblant une population de 4450 habitants, comptait 23 filatures employant 1090 femmes et 150 hommes. On y a identifié trente-neuf sites de filatures ayant travaillé de manière non concomitante entre la fin du xviiie siècle et les années 1950. La filature Maison Rouge proprement dite, que l’on visite de nos jours, fut achevée en 1838. C’est un vaste édifice rectangulaire de 11,4 m sur 50 m, pour une hauteur de 12,2 m, à deux niveaux éclairés par des baies cintrées. On en compte dix par niveau sur les façades latérales et deux à l’étage sur le pignon nord. Cet éclairement maximal, particulièrement fonctionnel dans le cadre des filatures de soie mettant en œuvre un fil extrêmement ténu, est sans doute leur principale caractéristique. La toiture est à deux versants et croupes, une configuration rare en Cévennes, mais l’élément qu’on remarque d’abord est l’escalier monumental. La cheminée, d’une hauteur de 25 m, en arrière de la façade nord, est la dernière conservée à Saint-Jean-duGard. Au sud de la filature, dominant la rivière, se trouve une éolienne et un salon de thé, vestiges du parc aménagé au milieu du xixe siècle… La dernière filature construite à Saint-Jean-du-Gard par Louis Boudon, en 1882, et dite « La Neuve », transformée aujourd’hui en hôtel. (Coll. AMR-MVC). Filature de Bel-Air, aujourd’hui disparue. (Coll. AMR-MVC). Croupe (façade nord) Versants 7
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