Maison Rouge, une histoire de la soie en Cévennes

Ainsi, légendes et histoire se recoupent pour s’accorder sur une Chine berceau de la soie. Un recueil de rituels, datant d’environ 500 av. J.-C. et traitant notamment de la sériciculture, nous apprend que tous « les fils du ciel et grands feudataires » possédaient dans l’enceinte de leurs palais des mûriers et que leurs épouses s’adonnaient à l’élevage des vers à soie et au tirage de la soie. Le secret Détenteurs du secret de la production de la soie, les Chinois vont le protéger et le conserver le plus longtemps possible. Seuls les tissus finis parvenaient à prix d’or au monde extérieur. La Chine, nommée Sérinde, ou pays des Sères, était protégée par des barrières naturelles comme l’Himalaya ou le désert de Gobi. Pour renforcer sa défense face aux tribus nomades qui la menaçaient au nord, elle construisit au iiie siècle avant notre ère la Grande Muraille. Mais les solutions militaires ne s’avérant pas totalement efficaces, l’empire du Milieu mit au point un système pacifique basé sur des traités et des unions matrimoniales accompagnées de nombreux cadeaux parmi lesquels les soieries jouaient un grand rôle. Les tribus nomades s’en servirent de monnaie d’échange et ainsi, de proche en proche, ces produits parvinrent à des peuples plus à l’ouest pour finalement atteindre l’Occident. Il semble que ce soit durant la période des Royaumes combattants (475 à 221 av. J.-C.) que débuta le commerce de la soie, par la route des steppes. Les conquêtes d’Alexandre le Grand de Macédoine (334 à 329 av. J.-C.) ouvrirent les pistes marchandes du monde oriental jusqu’aux frontières de la Chine. Ainsi, la libre circulation des caravanes venues de l’Altaï et du Turkestan chinois permit les échanges de la vaisselle grecque d’argent contre de la poudre d’or. Après la mort d’Alexandre et malgré les troubles et l’anarchie qui s’ensuivirent, les Perses séleucides devinrent maîtres de ces grandes routes marchandes intercontinentales. De points d’eau en caravansérails permettant repos et sécurité, la route de la soie du côté occidental était prête. En Chine, sous la dynastie des Han (226 à 24 av. J.-C.), les progrès du tissage et de la teinture de la soie furent considérables. Les codes vestimentaires alliant broderies et symbolique des couleurs furent perfectionnés. Les productions furent améliorées. C’est sous cette dynastie que s’ouvrit un commerce fécond de ces soieries entre les Chinois et les Parthes. Ces derniers secouaient le joug des Séleucides pour finalement établir leur propre empire et contrôler une route de la soie enfin ouverte. 15

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