Maison Rouge, une histoire de la soie en Cévennes

La soie à Rome En 115 av. J.-C., le roi parthe Mithridate II reçut la première ambassade chinoise dans sa capitale et conclut avec elle un traité commercial qui lui assurait le monopole de la soie. La bataille de Carrhes, en 53 av. J.-C., qui opposa les Parthes aux légions de Crassus alors gouverneur de Syrie, aurait fait, si on en croit l’historien Florus, découvrir la soie aux soldats romains par le biais des étendards multicolores, étincelants au soleil, des chefs et des cavaliers parthes. C’est donc à partir du ier siècle av. J.-C. que les soieries de Chine parvinrent jusqu’au monde occidental par voie terrestre, franchissant déserts et cols des hautes montagnes de l’Asie centrale, sans qu’un seul commerçant chinois n’ait été en contact avec les destinataires romains. L’usage de la soie se développa à Rome sous le règne d’Auguste (de 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.). Cette soie était payée à prix d’or, les échanges se faisant poids par poids (les produits s’échangeaient sur la base d’un même poids, par exemple 1 kg d’or pour 1 kg de soie). Toutefois, les tissus importés de Chine, des lampas assez épais, ne correspondaient pas au goût de la mode romaine de l’époque qui recherchait de la transparence. Les tissus étaient démontés et le fil ainsi obtenu, après teinture, était retissé dans l’armure la plus légère possible. Pline raillait ce désir effréné des Romaines pour la soie : « Voilà donc que l’on se met à traverser toute la terre, de bout en bout, et cela uniquement pour qu’une dame romaine puisse exhiber ses charmes sous une gaze transparente. » La législation romaine dut même à plusieurs reprises interdire aux femmes de porter des toilettes de soie jugées trop indécentes. Le secret révélé À propos du vol du secret de la soie aux Chinois, histoire et légendes s’entrecroisent une fois encore. Il est une de ces légendes que l’on connaît grâce aux mémoires d’un pèlerin bouddhiste, Xuan Zang (602-664). Il raconte la ruse employée par une princesse chinoise pour emporter avec elle, loin de son pays natal, au royaume du Khotan (dans le Turkestan, en Asie centrale), le secret si jalousement gardé. C’est La princesse frauduleuse. Une princesse de la Maison impériale de la dynastie des Han (206 av. J.-C. - 618 apr. J.-C.) était promise en mariage au roi du Khotan à qui le céleste empereur avait refusé de livrer le secret de la soie. Ce roi avait chargé son ambassadeur de prévenir la princesse que le royaume du Khotan ne connaissant pas l’art de produire la soie, elle devrait définitivement renoncer aux vêtements et parures qu’elle avait l’usage de porter. Incapable d’abandonner ce luxe, la princesse imagina un stratagème pour emporter avec elle des œufs de Bombyx. Elle les dissimula astucieusement dans le rembourrage servant à bâtir la coiffure de son abondante chevelure et parvint ainsi à tromper la vigilante surveillance des gardes-frontières. Une fresque trouvée dans un tombeau à proximité du Khotan évoque cette légende. Un fragment de cette peinture, conservé au British Museum, montre la princesse tenant une corbeille de cocons, tandis qu’une autre personne désigne de l’index le chignon princier où la graine de ver à soie avait été dissimulée. L’histoire a révélé – de sources écrites comme archéologiques – que cette région du Khotan pratiquait des activités séricicoles et soyeuses au ve siècle. Atlas de cartes marines dit Atlas catalan. Abraham Cresques (1325-1387). Aquesta caravana es partida de l’imperi de Sara (Mongolie), per anar al Catayo (Chine). © BnF/Gallica. 17

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