Sous le règne de Justinien le Grand, l’Empire byzantin connut son âge d’or. Constantinople devint la nouvelle Rome. La consommation de la soie ne cessa de croître dans cette ville, ne fut-ce que pour la décoration en soieries historiées de ses quelques 400 églises ou monastères. Le Trésor public souffrait d’une telle sur- consommation et Justinien manifesta le vif désir de découvrir le secret chinois. Si l’on en croit Procope de Césarée (mort en 562) dans sa Guerre des Goths, ce serait dans les années 550 que deux moines nestoriens, ou de l’ordre de saint Basile ou peut-être même bouddhistes, auraient rendu visite à l’empereur Justinien pour lui raconter qu’ils avaient résidé dans une région nommée Sérinda où se pratiquait l’élevage du ver à soie. Ils reçurent mission impériale d’y retourner et de ramener à Byzance le secret de la soie. Ils repartirent aussitôt et apportèrent quelque temps après les fameux œufs de Bombyx du mûrier, dissimulés dans leurs cannes de bambou. La Grèce et l’Asie Mineure furent le théâtre premier du développement de cette nouvelle activité. Justinien reçoit des deux moines la graine de vers à soie dans leurs cannes de bambou. On remarque en arrière-plan de la gravure une grande baie ouvrant sur un atelier à la fois magnanerie et filature. Gravures de Galle, d’après des dessins de Jean Stradan (1523-1605), extraites de J.-B. Le Tellier, Bref discours contenant la manière de nourrir les vers à soie, 1602. (Coll. AMR-MVC). 19
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